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Plus je recopie des pages du carnet d'Oriane et plus je suis intrigué par le fait que, sous une apparence de facilité (écriture au jour le jour, remarques parfois rapides, souvent sans grand intérêt — même si certaines me semblent au contraire avoir une grande pertinence) ces notes semblent en fait obéir à un ordre dissimulé ou, plutôt, à un ensemble de règles non écrites comme si cette Oriane avait pensé ses carnets avant de se mettre à les remplir. J'en arrive même à me demander si ces carnets ne sont pas eux-mêmes une copie (peut-être pas finale, mais au moins intermédiaire) de notes dont nous n'aurions aucune trace.
J'ai déjà signalé la subtilité des différents niveaux de codage: 1.le marqueur sémantique (note, commentaire, etc…), 2.le marqueur "instrument d'écriture" (encre, Bic, etc.), 3.le marqueur "couleur d'écriture". Tous ces marqueurs reposent sur une grande variété des termes choisis et il semblent que ces termes ne soient pas utilisés au hasard. Mais il y a un autre point qui me frappe et qui a dû frapper quelques uns des 60 000 lecteurs de ces notes: Oriane ne fait jamais appel deux fois au même texte du même auteur. Il lui arrive d'avoir recours à plusieurs reprises au même auteur, mais jamais deux fois à la même œuvre. Pourtant sa "méthode d'écriture" qui repose en grande partie sur une approche moderne du centon ne le lui interdit en rien. De même, elle ne fait aucune distinction "typologique" des ouvrages utilisés pouvant emprunter un fragment aussi bien à un ouvrage de philosophie qu'à un traité de médecine, à un roman qu'à un essai. Je n'ai pas encore pu déterminer si cette variété repose sur une stratégie ou ce qu'elle signifie de sa conception de la littérature.
Si des lecteurs ont des suggestions sur ces divers points, je suis preneur et m'engage à en faire part.
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